Les Google Glass : ils les ont vraiment testées !
Par Didier Pulicani - Publié le
Google a enfin distribué quelques exemplaires de ses lunettes à la presse américaine, qui s'est empressée de publier ses premières impressions. Si le sujet vous intéresse, vous pouvez notamment lire quelques papiers assez complets chez BGR, BusinessInsider ou encore C|Net.
Que peut-on faire avec les Google Glass ?
Un écran déporté pour son smartphone, voilà comment on pourrait résumer les fonctions des Google Glass : téléphoner envoyer des SMS, consulter la météo, les cartes, les news, la navigation GPS, mais pas seulement ! L'objet peut prendre des photos (5MP), des vidéos (HD) et même faire de la visio !
Comment les contrôle-t-on ?
L'interface se contrôle de deux manières :
- avec les doigts, grâce à une surface tactile, qui permet de se déplacer dans une interface circulaire. Glisser, tapoter, écarter, l'interface est proche de cette d'un trackpad tactile.
- avec la voix, grâce à un système de reconnaissance vocale
Ok Glass, envoie un SMS à Laetita !
- il existe en fait une troisième manière, en clignant des yeux (et peut-être en traquant la pupille), mais Google ne l'a pas activée pour le moment.
Le retour du son se fait via un système de conduction aux os du crâne (vous avez bien entendu), qui transmet les ondes et dont l'effet semble assez naturel. Seul problème, il n'y a pas (encore) de réglage du volume, si bien qu'il est difficile de tenir une conversation dans un lieu trop bruyant, par exemple.
Sont-elles autonomes ? Fonctionnent-elles avec l'iPhone ?
Les Glass sont à moitié autonomes. Elles possèdent un système complet (Android, 12Go de mémoire, WiFi/Bluetooth et divers capteurs) et même une petite batterie. La connexion se fait aussi bien avec l'iPhone qu'un téléphone Android, Google n'a pas été trop sectaire, et c'est tant mieux ! Toute la partie réseau s'appuie donc sur le téléphone, tout comme les informations stockées (photos, contacts, mails, identifiants...). Il faut dire qu'on se voit mal configurer les lunettes à la main, en épelant tous ses mots de passe oralement...
Peut-on les porter toute la journée ?
L'autonomie est prévue pour durer une journée, mais dans les faits, les Glass ne tiennent que quelques heures si vous jouez un peu trop avec. Il est toutefois possible de les recharger grâce à son connecteur micro-USB. Notez tout de même que dans une journée normale, on ne les portera pas au bureau, devant l'ordinateur, et elles resteront cantonnée aux déplacements extérieurs et aux trajets maison-bureau.
Reste aussi le problème de l'encombrement. Si les testeurs sont unanimes sur le fait qu'elles sont très légères (grâce au titane), la partie contenant l'électronique peut s'avérer gênante car elle masque une partie du champ visuel. En voiture, par exemple, l'usage est plutôt déconseillé, même si la navigation GPS a été prévue en ce sens. Certains estiment d'ailleurs que c'est un moyen très efficace pour envoyer ses SMS en conduisant, mais pas sûr que la gendarmerie soit vraiment de cet avis.
L'écran est-il de bonne qualité ? Peut-on le regarder avec des lunettes de vue ?
L'écran affiche une très bonne définition de 720p.
On dirait qu'on a un écran de 25" situé à 2/3 mètres de distanceaffirme Lindsey Turrentine sur C|Net. Il n'est en revanche, pas possible de porter des lunettes de vue, mais des lentilles de contact fonctionneront parfaitement. On peut également rajouter des lunettes de soleil devant l'écran, qui perdra par contre un peu en luminosité.
A-t-on l'air ridicule dans la rue ?
Lorsque les premiers portables sont apparus en ville, on ne manquait pas de repérer les frimeurs, qui affichaient surtout leur statut social. Il y a fort à parier que les Glass produiront le même effet jusqu'à ce que les gens s'y soient habitués et que le produit se soit popularisé.
J'ai l'impression d'avoir un casque de Xboxentend-on chez les testeurs, pour qui l'accessoire reste plus encombrant qu'une pare de lunettes classiques. Il y a encore un petit coté
SFqu'on a du mal à oublier.
En revanche, le vrai malaise est souvent causé par la caméra. Au travail, dans le métro ou dans les espaces confinés, le public parait parfois inquiet de savoir s'il est -ou non- filmé par son voisin. D'ailleurs, il ne serait pas impossible que la loi oblige Google à indiquer (via une LED) si l'objet enregistre quelque chose. C'est déjà le cas au japon avec les appareils photos (obligés d'émettre un son à chaque prise de vue).
Est-ce vraiment utile, finalement ?
Pour l'heure, le vrai problème (comme l'iPhone à son lancement) concerne les applications, limitées à celles de Google. D'ailleurs, mêmes ces dernières sont parfois assez restrictives, on ne peut, par exemple, accéder qu'à 10 contacts seulement !
Dans les usages, les retours sont assez bons, et certains adorent notamment la possibilité de filmer
exactementce que l'oeil voit à travers les lunettes. A moto, en voiture, dans la rue... On pourrait imaginer enregistrer toute sa vie, vue de l'intérieur !
Viennent ensuite les fonctions de tous les jours : la cartographie, les infos localisées, la météo, les horaires des transports... L'intérêt est évident : éviter de sortir son iPhone toutes les 10 secondes et rester concentré sur ce qui se passe autour de nous. L'idée du téléphone déporté n'est donc pas idiote, même si certains estiment que l'objet a aussi tendance à nous isoler du monde, le risque étant d'être envahi d'informations pas toujours utiles ou bien trop chronophages (Imaginez lorsque vous aurez votre timeline Twitter ou Facebook en permanence sous les yeux... ).
Malgré ces fonctions encore limitées et une certaine habitudes à prendre, tous ceux qui ont pu goûter aux Google Glass en conservent une très bonne expérience. Si la réalité augmentée existait déjà au travers des smartphones, c'est la première fois qu'un appareil permet, en sus, de garder les mains libres... et ça change tout !
Quant à savoir si dans 10 ans, tout le monde portera des lunettes interactives, il est encore un peu tôt pour le dire. Cela dépendra à la fois de la législation -pour le moment assez inexistante- que des usages qui vont en découler.