Il y a des machines qui se présentent avec une panoplie de muscles à faire valoir. Le MacBook Neo, lui, se présente avec un sourire. Pas le sourire suffisant du premier de classe, plutôt celui du nouveau qui sait exactement ce qu'il vaut, ni plus, ni moins. Comme nous avons été plusieurs à nous en procurer un à la rédaction, nous avons décidé de vous raconter nos usages réels, en dehors du test complet qui arrivera ultérieurement. Aujourd'hui, c'est ma journée avec lui. Du réveil au canapé. Sans filtre.
Test réalisé dans des conditions d'usage réel. Le test complet du MacBook Neo, avec benchmarks et comparatifs détaillés, sera publié prochainement.
Avant de parler de ma journée, un mot sur ce qui fait tourner la machine, parce que la puce du MacBook Neo mérite qu'on s'y attarde deux minutes. L'A18 Pro embarque 8 cœurs CPU (2 performants, 6 efficients) et vient directement du monde de l'iPhone. C'est d'ailleurs l'un des secrets de ce MacBook Neo : Apple peut proposer cette puce à un tarif contenu précisément parce qu'elle est produite en volumes colossaux, bien supérieurs à ceux des puces M destinées aux Mac. À cela s'ajoute une pratique courante dans l'industrie, le binning : l'A18 Pro embarque un cœur GPU de moins que la puce complète. Des unités qui ne passent pas le contrôle qualité à 100% trouvent ainsi une seconde vie dans des produits moins exigeants, c'est pragmatique, pas honteux.
Et pour ceux qui froncerait les sourcils : rappelons que les puces M des Mac dérivent elles-mêmes des puces d'iPhone. La filiation est directe et assumée. En termes de performances (vous pourrez examiner minutieusement les benchmarks dans l'article à venir), l'A18 Pro se situe au-dessus des M1, M2 et M3 sur un seul cœur, et se montre globalement équivalente à la puce M1 en multicœur comme pour le GPU. Ce n'est pas rien.
7h30 : 37,2° le matin
Avant même d'avoir terminé mon café, le MacBook Neo est déjà sur le feu. Dès la première minute d'utilisation, j'ai lancé simultanément : Mail, Apple Music, trois fenêtres Safari étalées sur l'écran et chargées d'onglets (Google Docs, Google Sheets, Mac4Ever, YouTube, Google Search, Claude, X Pro, ainsi qu'un CEX et un DEX pour surveiller mes positions financières), l'App X avec un second compte, mon lecteur RSS préféré NewsBar, iStat Menus, Pages, WhatsApp, Slack, la Calculatrice, l'App Bourse, Crypto Bubbles, Telegram et Notes. Oui, tout ça d'un coup sec. C'est mon flux de travail habituel, et je ne voulais pas ménager la machine.
Durant cette première tranche de journée, le MacBook Neo est connecté en USB-C à mon écran externe, un modèle en 5120 × 1440 pixels. Petite précision importante : le MacBook Neo ne peut afficher qu'une définition de 3840 × 1440 sur cet écran, là où un MacBook Air en livrerait le pleine potentiel. C'est notable, mais honnêtement, dans la pratique quotidienne, cela reste parfaitement utilisable. L'écran alimente également la machine en énergie pendant cette période, la question de l'autonomie est donc remise à plus tard.
Première impression : le MacBook Neo s'en sort. Pas de manière flamboyante, mais il s'en sort. L'installation des applications est légèrement plus lente que ce à quoi je suis habitué sur des machines plus musclées, et l'on perçoit par moments de légères hésitations, de petits flottements qui trahissent les 8 Go de RAM embarqués. iStat Menus confirme ce que je ressens : l'utilisation RAM oscille la plupart du temps entre 6 et 7 Go, avec un code couleur qui passe du vert à l'orange sur le Moniteur d'activité. On n'est pas en danger, mais on navigue à vue. macOS reste un chef d'orchestre remarquable pour gérer ces contraintes , c'est l'un des avantages de la plateforme, mais il ne fait pas non plus de miracles.
9h : Sans un bruit ?
Neuf heures. Les messages s'accumulent, les mails arrivent, Google Sheets tourne en arrière-plan pendant que je rédige sur Google Docs et que YouTube joue en fond sonore. Et là, une chose me frappe : le son. Les haut-parleurs latéraux du MacBook Neo offrent une scène sonore étonnamment large pour une machine de ce gabarit.
Le rendu est vraiment très proche de celui d'un MacBook Air, avec ce sentiment d'espace en plus grâce au placement des enceintes sur les côtés. Les basses sont correctes, mais les aigus peuvent devenir un peu agressifs sur certains contenus. Pour regarder une série, écouter une playlist décontractée ou suivre une conférence, c'est tout à fait suffisant. Les plus exigeants brancheront leurs casques ou enceintes externes, les autres seront contents.
En parlant de ce qui se touche et se tape : le trackpad mécanique (et non à retour haptique, comme sur les MacBook Air et Pro) est une vraie réussite. Il se clique sur toute sa surface, le multitouch est au rendez-vous, et la précision est impeccable. Le clac est un peu plus sonore qu'à l'accoutumée, de quoi faire sourciller votre voisin de coworking ou votre partenaire en télétravail, mais la sensation reste plaisante. On prend rapidement ses marques.
Le clavier, en revanche, me pose un problème plus sérieux : il n'est pas rétroéclairé. Pour ceux qui connaissent leur clavier les yeux fermés, c'est anecdotique. Pour les autres, ou pour quiconque travaille régulièrement dans la pénombre, c'est une vraie limite. La luminosité de l'écran, à un angle d'utilisation normal, n'est pas suffisante pour compenser l'absence de rétroéclairage. Ce n'est pas rédhibitoire, mais c'est un choix d'Apple qui mérite d'être anticipé sous peine de déception.
Le Macbook Neo est plus compact que le MacBook Air
Le MacBook Neo est taillé dans un aluminium soigné, avec cet assemblage sans faute et cette charnière impeccable que l'on retrouve sur l'ensemble de la gamme Mac portable. Rien ne grince, aucun jeu suspect. Apple ne fait pas de concession sur la fabrication, quel que soit le niveau de gamme, et c'est une vraie promesse tenue ici. Point noir sur la liste, si le Neo dispose bien de deux ports USB-C, un seul est en 10 Gb/s, l'autre est un simple USB 2 à 480 Mb/s (soit plus de 20 fois moins rapide). C'est anachronique et ce port ne devrait plus être proposé sur aucune machine en 2026, tout simplement.
Apple a certainement dû faire avec l'architecture interne de sa puce, prévue pour un appareil avec un seul port, mais tout de même. Le port USB 2 sera donc à réserver à la charge (les deux ports chargent à la même puissance) ou aux accessoires comme des claviers, souris, dongles USB, et le port USB 3 en 10 Gb/s pour les transferts et les écrans. Sur ce point d'ailleurs, une fois mon écran branché, je n'avais plus de port suffisamment rapide de disponible, et il faudra donc débrancher l'écran pour un transfert via un SSD, ou disposer d'un hub USB adéquat.
Ah, et Touch ID est bien là, discret, efficace, intégré dans le bouton d'alimentation comme sur les autres Mac portables. Petit bémol tarifaire : cette configuration en 512 Go avec Touch ID est facturée 100€ de plus que l'entrée de gamme en 256 Go. C'est le prix de la sérénité, stockage doublé et déverrouillage biométrique, et c'est honnêtement difficile de s'en passer une fois qu'on y a goûté.
10h : L'enfer, c'est les autres (Apps)
Vers dix heures, un appel Google Meet s'impose (pour cela la webcam intégrée fera très bien le job). Et là, j'apprends quelque chose sur ce MacBook Neo : il demande parfois à être géré. Pour conserver une visio fluide avec autant d'applications ouvertes, j'ai dû en fermer quelques-unes. Ce n'est pas un drame, c'est juste de la logique. Une machine avec 8 Go de RAM ne peut pas tout faire en même temps et avec la même aisance qu'une configuration comptant 16, 24 ou 32Go. Mais il faut le savoir, et adapter son usage en conséquence. Mettez la priorité sur l'application qui compte à l'instant T, et le MacBook Neo vous suivra sans broncher.
Relaxe-toi petit Mac, ça va bien se passer
Ce comportement est en réalité assez révélateur de la philosophie de cette machine. Elle n'est pas là pour impressionner lors des benchmarks. Elle est là pour vous accompagner dans une journée de travail honnête, à condition que vous jouiez le jeu avec elle.
12h : Débranche tout
Midi. Le MacBook Neo quitte son écran externe et sa réconfortante alimentation via USB-C. La batterie affiche fièrement 100%. C'est maintenant que l'on va vraiment observer ce qu'il a dans le ventre niveau autonomie.
Je continue avec le même panel d'applications, sans rien fermer. À 15h, avec la luminosité bloquée au maximum, la batterie indique 68%. À 16h, elle tombe à 55%. C'est une consommation franche mais pas catastrophique. Je passe ensuite en luminosité automatique et je lance Slay the Spire 2, sorti récemment en accès anticipé, et franchement, je vous le recommande chaudement si vous ne l'avez pas encore essayé. A peine trente minutes plus tard, la batterie chute à 31%. Le jeu, même léger (nous y reviendrons plus bas), sollicite manifestement la machine de manière significative.
De retour en mode bureautique avec la luminosité en auto, la descente ralentit nettement. La journée se termine vers 19h avec 16% de batterie restante, ce qui, en partant de midi, représente environ 7 heures d'autonomie réelle dans des conditions d'usage mixte, luminosité poussée par moments, jeux inclus. C'est honnête. Pas exceptionnel, mais honnête. En usage strictement bureautique et avec la luminosité en auto dès le départ, on peut raisonnablement tabler sur une heure ou deux de plus.
15h : Ecran total
Parlons de la dalle. Elle est bonne. Sincèrement bonne. Sa luminosité maximale de 500 nits la place au même niveau qu'un MacBook Air, et c'est suffisant pour un usage basique en intérieur. En plein soleil ou sur une terrasse très exposée (ou pour travailler sur du contenu HDR), les MacBook Pro avec leurs 1600 nits en pointe vous feront de l'œil, mais ce n'est absolument pas la cible de cette machine. L'espace colorimétrique P3 (développé pour le cinéma) est absent, mais à moins de faire de la retouche photo avec des exigences très précises (encore une fois un usage hors cible), cela ne manquera pas dans la pratique quotidienne.
À ce propos : j'ai testé quelques retouches et une courte séquence de montage vidéo. Le MacBook Neo ne rechigne pas. Il prend son temps, mais il avance. Si vous fermez les applications tierces gourmandes le temps de votre session créative, la fluidité est tout à fait acceptable. La MAO légère passe également sans trop de heurts. On n'est pas en train de parler d'une machine destinée aux professionnels de la création, loin de là, mais pour un usage occasionnel et raisonnable, elle est au rendez-vous.
Le SSD, dans la version affichant 512 Go de ma configuration, affiche des débits flirtant avec les 1600 Mo/s. C'est en dessous de ce que propose un MacBook Air récent, mais c'est une réalité que l'on ne ressentira pas d'une manière évidente au quotidien sur des tâches bureautiques ou même multimédias légères. Comme le SSD peut servir de filet de sécurité à macOS en cas de surcharge de la RAM (le fameux swap), ces débits resteront insuffisants si vous poussez la machine à bout (En fait, ce sera le cas sur toutes les machines, les SSD, mêmes ultra rapides, sont loin de pédaler aussi vite que la RAM).
Slay the Spire 2 va comme un gant au macBook Neo
17h : Ready player One
Dernière séquence de la journée : le jeu vidéo. J'ai voulu pousser la machine avec notamment Cyberpunk 2077. Le verdict est sans appel, et surtout sans surprise : les performances ne sont pas au rendez-vous sur des titres aussi exigeants pour offrir une expérience satisfaisante aux amateurs de gaming. Cyberpunk, en particulier, demande des concessions graphiques importantes pour espérer une expérience jouable. Ce n'est pas la vocation de cette machine. En revanche, Slay the Spire 2 tourne comme une horloge, et c'est un excellent exemple du type de jeu pour lequel le MacBook Neo est parfaitement taillé : des titres aux graphismes raisonnables, portés par leur gameplay.
La connectivité Wi-Fi 6E, quant à elle, est une vraie belle surprise pour une machine à ce prix : les débits dépassent le gigabit/s sur un réseau et une connexion adaptés, soit mieux qu'une connexion Ethernet Gigabit. C'est un vrai atout pour le streaming, les transferts de fichiers et tout usage réseau intensif.
Après cette journée bien remplie, la recharge : avec un chargeur délivrant 30W (le maximum accepté par la machine en pic), comptez environ 2 heures pour revenir à 100%. Cela reste un peu long en 2026, même si un chargeur de ce format se glisse sans peine dans un sac. Dernière chose, et ce n'est pas anecdotique : le MacBook Neo, pourtant dépourvu de ventilateur, ne chauffe pas. Vraiment pas. Même sous charge soutenue, le châssis reste tiède et les performances constantes. Apple maîtrise parfaitement la gestion thermique de l'A18 Pro, et ça se ressent au quotidien.
19h : La dernière séance (conclusion)
A qui s'adresse vraiment ce MacBook Neo ? Voilà la question qui compte. Et la réponse, comme souvent, est dans la façon dont vous envisagez votre usage.
Le MacBook Neo est une machine d'entrée de gamme. Apple est passée maître dans l'art de segmenter ses gammes — parfois à l'excès — et ce modèle ne déroge pas à la règle. Il sera moins bon que ses grands frères sur tous les plans. C'est la réalité, et il ne sert à rien de la contourner. Mais cette réalité ne le condamne pas : elle le définit.
Si vous l'abordez pour ce qu'il est — un compagnon de travail taillé pour la bureautique, la navigation web, la consultation et la rédaction de mails, les outils collaboratifs type Google Workspace, un peu d'IA via serveur, une retouche photo occasionnelle, de l'édition vidéo légère et quelques parties de jeux sages — alors vous serez probablement conquis. Le format est séduisant, légèrement plus compact qu'un MacBook Air, le poids est équivalent, le design est impeccable. C'est, et ce n'est pas rien, une vraie entrée dans l'univers Mac, pas un sous-Mac honteux que l'on rangerait au fond d'un tiroir dans six mois.
Si en revanche vous sentez que vos besoins débordent de ce cadre, mieux vaut regarder du côté d'un MacBook Air M5 avec plus de RAM et de stockage, ou d'un MacBook Air d'occasion, en reconditionné par Apple, ou en promotion. Vous en aurez davantage sur tous les points, et ce sera un très bon choix tant qu'il y aura des offres.
Mais si, et seulement si, votre budget est clair, si vos besoins sont honnêtes, et si vous avez envie d'un Mac neuf, récent, qui vous accompagne agréablement dans votre quotidien sans vous ruiner, le MacBook Neo mérite vraiment votre attention. Il ne cherche pas à être autre chose que ce qu'il est. Et franchement, ça fait du bien.
Une dernière possibilité d'usage à envisager avant de vous laisser : le MacBook Neo comme second Mac. Pour les possesseurs d'un Mac qui rechignent à emmener leur coûteuse machine principale en voyage, en réunion extérieure ou en week-end, le Neo représente une alternative crédible et moins stressante. On craint nettement moins pour lui dans un avion, dans un café ou dans un hôtel.
Le MacBook Neo est une entrée dans l'univers Mac honnête et bien construite, à condition de ne pas lui demander ce qu'il ne peut pas donner. Pour un usage quotidien bureautique, web, communication et création légère, il s'acquitte de sa tâche sans se plaindre — et sans chauffer. La qualité de fabrication est au niveau de la gamme, l'autonomie est correcte, et la puce A18 Pro réserve quelques bonnes surprises. Ses limites, 8 Go de RAM, clavier sans rétroéclairage, connectique minimale, sont réelles mais peuvent être anticipées pour un usage basique. Si vos besoins sont clairement identifiés et que votre budget est contraint, c'est un excellent point d'entrée dans le monde du Mac.