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Intel rachète Classiq pour 2,3 milliards, record absolu du quantique

Par Vincent Lautier - Publié le

Intel met 2,3 milliards de dollars sur la table pour racheter Classiq, une jeune société israélienne dont le logiciel simplifie la programmation des ordinateurs quantiques. C'est la plus grosse acquisition jamais enregistrée dans le secteur, et le premier gros chèque signé par le fondeur depuis quatre ans. L'opération doit être bouclée au premier semestre 2027.

Intel rachète Classiq pour 2,3 milliards, record absolu du quantique


Une pépite israélienne



Classiq est née en 2020 à Tel-Aviv. Sa plateforme transforme des algorithmes écrits à haut niveau en circuits quantiques exécutables, et le développeur n'a plus à se soucier de la machine qui tourne derrière, quelle que soit sa technologie. C'est justement ce qui fait sa valeur : BMW, Rolls-Royce, HSBC ou encore Citi utilisent déjà l'outil pour leurs premiers travaux quantiques. Intel paiera en liquide et en actions, et la jeune société, dirigée par son cofondateur Nir Minerbi, deviendra le centre mondial de développement quantique du groupe. Le fondeur promet que le logiciel restera compatible avec les machines concurrentes après le rachat, un point que ses clients surveilleront de près.

Mais pourquoi payer si cher ?



Parce qu'Intel traîne un traumatisme encore frais. Le groupe a vu passer le virage de l'IA sans jamais réussir à monter dedans : ses accélérateurs Gaudi, hérités du rachat d'Habana Labs pour 2 milliards de dollars en 2019, n'ont pas inquiété Nvidia une seule seconde, et la capitalisation du fondeur a décroché alors que celle de son rival s'envolait. Lip-Bu Tan, le patron arrivé en 2025 pour redresser la maison, veut cette fois prendre position avant tout le monde. Avec Classiq, Intel réunit ses puces à qubits de spin en silicium, ses systèmes de contrôle et maintenant la couche logicielle, de quoi couvrir toute la chaîne du calcul quantique en interne.

Intel rachète Classiq pour 2,3 milliards, record absolu du quantique


Un pari à long terme



Le dossier doit encore passer devant les régulateurs et la finalisation n'est pas attendue avant le premier semestre 2027. Surtout, personne ne sait quand les ordinateurs quantiques sortiront vraiment des laboratoires. Les machines actuelles sont expérimentales, les applications commerciales sérieuses sont rarissimes, et les clients de Classiq eux-mêmes en sont au stade de l'exploration. Intel achète donc une position sur un marché qui n'existe pas encore, en espérant que ce logiciel devienne le passage obligé le jour où la technologie décollera.

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On en dit quoi ?



Pour le coup, la logique se tient. Intel a payé très cher son retard sur l'IA et préfère signer un chèque de 2,3 milliards maintenant plutôt que de courir derrière Nvidia une deuxième fois dans dix ans. Mais bon, le précédent Habana Labs rappelle qu'arriver tôt ne garantit rien, et sur l'exécution, le groupe n'a pas brillé ces dernières années. Mettre la main sur un logiciel que BMW ou HSBC utilisent déjà est quand même le choix le plus sensé qu'on pouvait lui souhaiter : dans le quantique, c'est peut-être la couche logicielle qui décidera du gagnant, comme CUDA l'a fait pour Nvidia. Pour une fois, Intel joue avec un coup d'avance.