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Parcoursup supprimé en 2028 et remplacé par une plateforme à l'IA

Par Vincent Lautier - Publié le

Après des semaines de blocus et de manifestations lycéennes, le gouvernement a cédé : Parcoursup vivra sa dernière session en 2027. Une nouvelle plateforme d'admission, construite autour d'un outil d'orientation dopé à l'intelligence artificielle, prendra le relais pour la campagne 2028. Les élèves actuellement en première seront donc les premiers à essuyer les plâtres.

Parcoursup supprimé en 2028 et remplacé par une plateforme à l'IA


Une volte-face en trois semaines



Édouard Geffray et Philippe Baptiste ont annoncé la nouvelle cette semaine, alors que les deux ministres excluaient encore toute suppression de la plateforme au début du mois. Entre-temps, la consultation lancée pour calmer la colère lycéenne a récolté plus de 100 000 contributions en dix-huit jours, et plus d'une sur cinq pointait le stress provoqué par la procédure. Le slogan Parcoursup nous trie s'est imposé dans les cortèges. Huit ans après avoir remplacé APB, l'outil qui gère l'orientation de plus d'un million de candidats chaque année n'aura donc pas survécu à sa propre réputation.

Parcoursup supprimé en 2028 et remplacé par une plateforme à l'IA


Une IA nourrie aux campagnes passées



Le coeur du futur système sera un outil d'orientation enrichi à l'intelligence artificielle, alimenté par les résultats des campagnes précédentes, pour aider chaque lycéen à viser des formations cohérentes avec son dossier et ses envies. Le gouvernement veut aussi supprimer l'indication du lycée d'origine dans les dossiers, histoire que le nom de votre établissement ne joue plus contre vous. La future plateforme sera co-construite avec un comité qui réunit lycéens, enseignants et ministères, et qui doit rendre ses conclusions fin novembre. Côté technique par contre, c'est le flou complet, puisqu'on ne sait rien du modèle retenu ni de l'endroit où seront hébergées les données des élèves.

Des rustines en attendant



En attendant, le gouvernement a sorti onze mesures de clarification pour la session 2027, qui fera donc la jonction entre les deux systèmes. Dès juin 2027, chaque refus devra être expliqué au candidat, et les formations devront publier leurs critères de sélection avec leurs pondérations. La lettre de motivation, elle, ne sera plus réclamée que lorsqu'elle sert vraiment à quelque chose. Le gouvernement ajoute aussi 15 000 places d'ici 2028, dont 10 000 en BTS. Quant aux classes de lycée, elles seront toutes plafonnées à 28 élèves à la rentrée 2028.

On en dit quoi ?



Pour le coup, les lycéens ont obtenu ce qu'aucune réforme n'avait réussi à faire : la peau de Parcoursup. Mais troquer un algorithme accusé d'opacité contre une IA, qui est à peu près ce qu'on fait de moins explicable en informatique, voilà un gros pari. Un modèle entraîné sur les campagnes passées apprendra fatalement les tris d'hier et leurs biais. Personne n'a expliqué comment on comptait éviter ça. Et puis Parcoursup s'est quand même fait voler les données de 705 000 candidats au printemps dernier, voilà qui ne va pas aider à convaincre les familles d'en confier encore plus à une machine. Le comité rend sa copie fin novembre, autant dire que la nouvelle plateforme va devoir se construire au pas de course.