Apple poursuit ses efforts pour réduire l’empreinte carbone de ses produits, mais certains fournisseurs peinent à suivre. Selon DigiTimes, les fabricants de circuits imprimés rencontrent des difficultés croissantes pour respecter les exigences environnementales de la firme californienne. En cause ? L’essor de l’IA et des composants toujours plus performants, dont la fabrication nécessite davantage d’électricité et d’eau.
Des circuits imprimés de plus en plus énergivores
Apple s’est fixé l'ambitieux objectif d'imposer à ses fournisseurs directs l’utilisation de 100 % d’électricité renouvelable pour la production destinée à ses appareils d’ici 2030. Mais cette transition s’annonce particulièrement compliquée pour les fabricants de circuits imprimés, ces composants indispensables qui permettent de relier les différentes puces et les éléments électroniques.
Selon DigiTimes, la demande croissante en circuits imprimés avancés, notamment pour l’intelligence artificielle et le calcul haute performance, entraîne une augmentation des besoins énergétiques. Ces composants nécessitent des procédés de fabrication plus complexes, qui consomment davantage d’électricité, mais aussi d’eau. Or, d’après une analyse citée par le média taïwanais, l’électricité achetée représente près de 60 % des émissions de gaz à effet de serre de cette industrie.
Apple et Google mettent la pression sur leurs fournisseurs
Pour atteindre leurs objectifs environnementaux, Apple et Google multiplient les exigences auprès de leurs partenaires industriels. Les fabricants sont notamment encouragés à publier des rapports de développement durable, à acheter davantage d’électricité renouvelable et à demander à leurs propres sous-traitants de réduire leurs émissions.
Mais les progrès réalisés grâce aux énergies renouvelables risquent d’être en partie compensés par l’augmentation des besoins de production. Le problème dépasse donc la simple question de l’origine de l’électricité. Plus les composants deviennent sophistiqués, plus leur fabrication mobilise de ressources. Cette situation illustre l’une des contradictions actuelles du secteur technologique : les entreprises souhaitent réduire leur empreinte environnementale tout en développant des technologies toujours plus gourmandes en énergie.
Des matériaux plus écologiques, mais pas encore adaptés
L’autre difficulté concerne les matériaux utilisés pour fabriquer les circuits imprimés. Des alternatives moins émettrices de carbone existent, mais elles ne répondent pas encore à toutes les exigences techniques des composants les plus avancés. Les fabricants doivent notamment garantir leurs performances, leur fiabilité et leur résistance aux contraintes de fonctionnement.
L’adoption de nouveaux matériaux nécessite donc de longues phases de tests et de validation, ce qui ralentit leur déploiement à grande échelle. Pour Apple, le défi consiste à accompagner cette transition sans compromettre les performances et la qualité de ses futurs produits.
Qu’en penser ?
Apple multiplie les engagements environnementaux, mais leur réalisation dépend largement de ses fournisseurs. Et ces derniers doivent composer avec des contraintes industrielles parfois contradictoires. L’essor de l’intelligence artificielle complique encore davantage l’équation, en augmentant les besoins en énergie et en matériaux. Le recours aux énergies renouvelables constitue une réponse importante, mais ne règle pas à lui seul la question de la consommation des ressources. À moins de quatre années de l’échéance de 2030, Apple devra donc convaincre ses partenaires d’accélérer leur transition, sans freiner l’évolution technologique de ses appareils.