Neuf ans après le premier prototype, Elon Musk a montré la version de série du Roadster sur un site d'essai de SpaceX, au Texas. Au menu, du roulage tête en bas, un saut en vrille par-dessus la gamme Tesla et un 0 à 100 km/h chronométré autour de 0,8 seconde. Les réservations sont ouvertes en France, avec des acomptes qui grimpent jusqu'à 250 000 euros.
Une voiture plaquée au plafond
La présentation, retransmise en direct à 3 heures du matin heure française, s'est tenue près de Waco, au Texas, sur le site où SpaceX teste d'habitude les moteurs de ses fusées, devant un public de clients dont certains ont versé jusqu'à 250 000 dollars de réservation. Elon Musk avait promis la meilleure démonstration produit de tous les temps, et pour une fois, ça a bien été respecté. Le Roadster a d'abord grimpé une piste incurvée qui part vers le ciel, avant de s'immobiliser tête en bas, à 20 mètres au-dessus du sol. À l'écran, les jauges affichaient plus de 4,6 tonnes d'appui. Rien de magique ici : des ventilateurs motorisés aspirent l'air sous la caisse, épaulés par des ailerons actifs, et cela suffit à plaquer la voiture contre la piste même à l'arrêt complet.
La suite était encore moins raisonnable. La voiture s'est laissée tomber dans le vide en bout de piste, et ses propulseurs à gaz froid l'ont remise à l'endroit avant d'amortir la réception. Elle a ensuite enchaîné avec un saut en vrille par-dessus toute la gamme Tesla alignée au sol, du Cybercab au camion Semi.
Pas de carburant de fusée à bord
Ces tuyères ne brûlent rien du tout : elles crachent de l'air comprimé stocké dans des réservoirs haute pression en fibre de carbone, qu'un compresseur embarqué remplit en roulant ou en quelques minutes à l'arrêt. SpaceX utilise le même principe pour orienter ses engins dans l'espace, et Tesla assume la filiation jusqu'à la peinture "Ano White" et au vitrage teinté d'or façon visière d'astronaute. Sur l'accélération pure, un premier run a donné un 0 à 100 km/h en 1 seconde, ce qui n'a pas suffi à Musk (en fait, j'avais dit moins de 1 seconde). Le deuxième essai est tombé à 0,81 seconde sur le 0 à 96 km/h. Aucun chiffre de puissance en face, la marque n'en communique plus, et la fiche technique reste muette sur la motorisation exacte.
Trois versions et de gros acomptes
Le configurateur français est déjà en ligne. La version Performance, deux places, se contente de l'aérodynamique active et annonce un 0 à 60 mph en moins de 1,6 seconde. La Thrust ajoute les propulseurs à l'arrière et descend sous les 0,9 seconde. La Rocket sacrifie carrément le siège passager pour embarquer plus de gaz, vise 0,59 seconde et décolle réellement du sol, avec ce rappel de Tesla sur sa fiche : non approuvé pour une utilisation sur la voie publique.
Toutes les versions dépassent les 370 km/h et promettent plus de 480 km d'autonomie, très loin des presque 1 000 km évoqués en 2017. Pour réserver, il faut verser 5 000 euros par carte bancaire, puis 45 000 euros sous dix jours pour la Performance, ou 245 000 euros pour la Thrust. La Rocket, elle, est sur invitation. Le prix de vente final, lui, n'apparaît nulle part, et la production est annoncée pour 2028.
On en dit quoi ?
Le spectacle était fou, et sur ce terrain Musk a gagné sa soirée, personne d'autre ne fait faire un tonneau à une voiture au-dessus d'un camion. Mais cette présentation raconte aussi autre chose. Cette voiture a été repoussée sept fois en neuf ans, son autonomie a fondu de moitié par rapport à la promesse d'origine, et son prix reste un mystère complet au moment où on vous demande 50 000 euros d'acompte. Ces réservations ont déjà rapporté plusieurs centaines de millions de dollars de trésorerie gratuite à Tesla depuis 2017. On attend donc la suite, et on a hâte de voir Didier faire des cabrioles dans l'air sur les routes de Nîmes.