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Apple s'explique sur le retrait d'ICEBlock, sous la pression de Trump

Par Vincent Lautier - Publié le

Apple défend toujours sa décision de supprimer les applications qui signalaient les opérations de la police de l'immigration américaine. Dans une lettre envoyée en juillet, l'entreprise invoque la sécurité des agents et des détenus, après les interventions de l'administration Trump. Des explications que le démocrate Jamie Raskin conteste.

Visuel : Joshua Aaron
Visuel : Joshua Aaron


Un retrait en 2025



ICEBlock permettait de placer un repère sur une carte lorsqu'un utilisateur apercevait des agents de l'ICE, puis d'alerter les personnes présentes dans un rayon d'environ huit kilomètres. Son développeur, Joshua Aaron, avait obtenu l'autorisation d'Apple en avril 2025, après avoir corrigé des problèmes de confidentialité relevés pendant l'examen de l'application. En octobre de la même année, Apple retirait pourtant ICEBlock et plusieurs applications similaires de l'App Store, après les pressions du ministère de la Justice. Pam Bondi, qui dirigeait alors ce ministère, avait même revendiqué publiquement avoir exigé ce retrait et obtenu satisfaction auprès d'Apple.

La sécurité invoquée



Dans son courrier de juillet 2026 à Jamie Raskin, élu du Maryland qui enquête sur ces suppressions, Apple revient sur la fusillade de septembre 2025 dans un bâtiment de l'ICE à Dallas, où deux détenus ont été tués. L'entreprise explique que Pam Bondi lui avait fait part de ses inquiétudes pour les agents fédéraux, et cite les déclarations du directeur du FBI, Kash Patel, selon lesquelles le tireur avait recherché des applications de suivi de l'ICE (sans préciser si elles avaient été téléchargées). Apple a donc réexaminé ces applications et considéré que les positions précises qu'elles diffusaient pouvaient faciliter des attaques ciblées, avec un danger aussi pour les manifestants et les personnes interpellées à proximité.

Apple s'explique sur le retrait d'ICEBlock, sous la pression de Trump


Raskin demande des preuves



Sauf que Raskin relève justement l'absence de preuve reliant les applications retirées à la fusillade. Il fait d'ailleurs une comparaison avec les applications de navigation type GPS, qui sont toujours autorisées à signaler la présence de policiers, comme par exemple dans Plans ou Waze.

L'élu réclame la liste complète des applications supprimées et un nouvel examen indépendant. Pour lui, surveiller les opérations des autorités dans son quartier relève de la liberté d'expression protégée par le premier amendement. Le développeur de l'application a d'ailleurs attaqué des responsables de l'administration en justice en décembre 2025. Ceux-ci demandent le rejet de sa plainte et soutiennent qu'Apple a décidé seule du retrait. La balle est donc renvoyée entre l'administration et Apple du coup.

On en dit quoi ?



Protéger les personnes exposées à des violences est une raison valable de retirer une application, mais Apple devrait pouvoir expliquer le danger propre à chacune de ces applications sans reprendre simplement les inquiétudes du gouvernement. Le traitement différent réservé aux signalements de policiers dans les applications GPS mérite aussi une réponse d'ailleurs. Confier aux autorités surveillées le soin de désigner les applications acceptables, c'est quand même un peu facile, même si on comprend bien l'idée.