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Le FSD de Tesla éviterait trois accidents sur quatre !

Par Vincent Lautier - Publié le

Tesla a mis en ligne hier le tableau de bord de sécurité remis en avril aux États membres pour justifier l'homologation néerlandaise de son FSD Supervised. Tesla y revendique 4,1 fois moins d'accidents qu'en conduite manuelle sur 100 millions de kilomètres, et pousse pour un vote européen le 6 octobre. Cinq pays roulent avec, la France a refusé en juillet, mais la méthode de comptage est contestée.

Le FSD de Tesla éviterait trois accidents sur quatre !


C'est aux Pays-Bas que tout a commencé



Le FSD Supervised laisse la voiture gérer le volant, l'accélérateur et les freins pendant que le conducteur, toujours responsable, garde les yeux sur la route sous l'oeil d'une caméra, et il roule légalement dans cinq pays de l'Union depuis le printemps, les Pays-Bas d'abord, le 10 avril, avec une homologation provisoire délivrée par le RDW, puis la Lituanie, l'Estonie, le Danemark et la Belgique, qui ont reconnu la décision néerlandaise dans la foulée, on vous en a parlé en juin.

Moins de 9 % de la population européenne, donc, mais déjà plus de 70 000 clients qui cumulent plus d'un million de kilomètres par jour, à 99 euros par mois depuis la fin de l'achat définitif au printemps. Tesla avait adapté son logiciel à la norme UN-R-171, qui encadre les assistances à la conduite en Europe, et demandé des dérogations pour quelques comportements précis via l'article 39, la procédure qui permet à un État d'homologuer ce que les textes n'avaient pas prévu. Le tableau de bord publié hier servait à justifier ces dérogations. Il n'avait circulé qu'entre administrations.

Le FSD de Tesla éviterait trois accidents sur quatre !


Douze accidents contre six cent vingt-sept



Le document compile plus de 230 000 scénarios de conduite et une comparaison assez brute. Entre avril et août, sur les cinq pays concernés, les Tesla en FSD ont été impliquées dans trois collisions sur autoroute et neuf hors autoroute, contre 137 et 490 pour les mêmes voitures conduites à la main. Rapporté au kilométrage, très différent d'un groupe à l'autre, Tesla en tire son facteur de 4,1. Le constructeur ajoute les kilomètres avalés par sa flotte d'essai avant même les premières homologations, avec environ 310 000 kilomètres en Allemagne, 270 000 en Espagne, 250 000 aux Pays-Bas et un peu plus de 140 000 en France, sans compter l'Italie, le Royaume-Uni, la Suisse ou la Finlande.

Tesla rappelle aussi que les routes européennes ont tué 19 400 personnes en 2025, 53 par jour, presque toujours par erreur humaine, et parle d'un bénéfice de sécurité que la bureaucratie bloquerait dans le reste de l'Europe.



Un 4,1 calculé par Tesla, vérifié par personne



Ce chiffre sort des calculs de Tesla sur les données de Tesla, et les régulateurs qui ont eu le dossier complet entre les mains refusent de le publier au nom du secret commercial. Des experts interrogés par Reuters en juin trouvaient déjà la comparaison bancale, parce que le constructeur ne compte que les accidents avec déclenchement d'airbag alors que les bases de référence prennent tout, et le Conseil européen de la sécurité des transports réclame une suspension pure et simple de la procédure, en rappelant que l'Europe n'a aucun organisme d'enquête indépendant comparable au NTSB américain.

La France a dit non en juillet, on vous l'a raconté. Le ministre des Transports reproche au système de dépasser la limite de vitesse de sa propre initiative, jusqu'à 70 km/h sur une route à 50, et de surveiller le conducteur d'un peu trop loin en ville. La Suède recommande le rejet tant que ce réglage de vitesse n'a pas disparu, alors que l'Allemagne a lancé sa propre évaluation et n'a encore rien dit. Pour passer le 6 octobre, il faudra 15 États sur 27 et 65 % de la population, l'Allemagne et la France devront suivre.

Le FSD de Tesla éviterait trois accidents sur quatre !


On en dit quoi ?



Publier les chiffres est la bonne décision, et un rapport de un à quatre sur cent millions de kilomètres est impressionnant, même pour un système qui rend la main dès que ça se complique. Le problème, c'est que Tesla mesure Tesla, et que les seuls à avoir vu le dossier complet le gardent sous clé. Et puis il y a ce réglage de vitesse, quelques lignes de code que le constructeur pourrait couper en Europe demain matin, qu'il garde, et qui suffit à lui seul à braquer deux ou trois pays. Sans lui, le vote du 6 octobre serait sans doute déjà acquis.