Perplexity continue de muscler son application pour macOS avec Hybrid Compute, une nouvelle fonction qui répartit les tâches d’intelligence artificielle entre le cloud et le Mac. L’objectif est notamment de permettre au modèle de travailler sur des fichiers et des informations sensibles sans nécessairement les envoyer sur les serveurs de l’entreprise.
UNE IA À LA FOIS LOCALE ET DANS LE CLOUD
Après avoir évoqué cette technologie en juin dernier, Perplexity lance aujourd’hui Hybrid Compute dans son application Mac. Plutôt que de choisir entre une IA entièrement exécutée dans le cloud ou totalement locale, Perplexity Computer peut désormais combiner les deux.
Une tâche peut ainsi commencer sur les serveurs de Perplexity avant que certaines étapes soient transférées vers un modèle fonctionnant directement sur le Mac. L’approche devient particulièrement intéressante lorsqu’il faut accéder à des documents personnels ou manipuler des informations confidentielles.
Le système peut même être sollicité depuis un iPhone : la tâche démarre alors dans le cloud, tandis que le Mac se charge ensuite d’accéder aux fichiers nécessaires et d’effectuer localement les opérations considérées comme sensibles.
LES DONNÉES PERSONNELLES MASQUÉES AVANT DE PARTIR
Perplexity ajoute également une seconde couche de protection avec un classificateur de données personnelles (PII) exécuté directement sur l’appareil. Celui-ci analyse chaque tâche sur le Mac avant son éventuel envoi vers le cloud.
Les noms, adresses ou encore numéros de compte détectés peuvent être remplacés par des données fictives temporaires. Une fois la réponse reçue, les véritables informations sont réinjectées localement. Autrement dit, le modèle distant n’a pas nécessairement besoin de connaître l’identité ou les informations personnelles de l’utilisateur pour effectuer son travail.
Perplexity indique avoir développé ce classificateur avec son Secure Intelligence Institute et a choisi de publier son code en open source, ce qui permettra notamment à des chercheurs d’en examiner le fonctionnement.
IL FAUDRA AU MOINS 24 GO DE MÉMOIRE
Cette approche a cependant un coût matériel et non des moindres. Hybrid Compute nécessite obligatoirement un Mac Apple Silicon sous macOS 15 ou une version ultérieure, équipé d’au moins 24 Go de mémoire unifiée. Perplexity recommande même 32 Go pour obtenir les meilleurs résultats.
Les Mac dotés de 8 ou 16 Go de mémoire sont donc exclus, ce qui écarte de nombreuses machines encore en circulation. La configuration reste en revanche relativement simple. L’application propose de télécharger en un clic le modèle local PPLX Qwen 3.8 27B, sans passer par Ollama, installer manuellement un environnement d’exécution ou renseigner une clé API. Autre avantage : les opérations effectuées localement ne consomment aucun crédit cloud.
LE MAC COMME PETIT SERVEUR IA PERSONNEL
Hybrid Compute s’inscrit dans une stratégie plus large de Perplexity autour du Mac. L’entreprise avait déjà profondément revu son application macOS en mai et mise désormais davantage sur la puissance des puces Apple Silicon pour exécuter une partie des traitements localement.
Apple elle-même a d’ailleurs récemment mis en avant Perplexity Personal Computer comme exemple d’utilisation du nouveau Mac mini M6 (comme par hasard) signe que les capacités d’IA locale deviennent progressivement un argument supplémentaire pour les Mac disposant de beaucoup de mémoire unifiée.
QU’EN PENSER ?
Avec Hybrid Compute, Perplexity propose surtout un compromis intéressant entre la puissance des modèles hébergés dans le cloud et la confidentialité offerte par l’IA locale. L’idée de ne transférer sur le Mac que les étapes nécessitant l’accès à des données sensibles paraît particulièrement pertinente pour un assistant capable de manipuler des documents personnels.
La limite se situe pour l’instant du côté du matériel. Avec 24 Go de mémoire minimum et 32 Go recommandés, cette fonction reste réservée aux Mac plutôt généreusement configurés. Mais elle illustre surtout une tendance qui devrait prendre de l’ampleur : le Mac ne sert plus seulement à accéder aux services d’IA dans le cloud, il devient lui-même une partie de leur infrastructure de calcul.