Meta vient de déployer une nouvelle protection sur ses lunettes Ray-Ban : impossible désormais de masquer la petite LED de capture une fois l'enregistrement lancé, la caméra se coupe aussitôt. Une rustine de plus dans une longue partie de cache-cache avec ceux qui cherchent à filmer les gens sans qu'ils s'en aperçoivent.
Une LED censée prévenir tout le monde
Sur les Ray-Ban Meta, un petit voyant blanc s'allume à l'avant de la monture dès que la caméra tourne. C'est le seul signe visible qui prévient les gens autour de vous qu'ils sont peut-être en train d'être filmés. Meta a pensé la caméra et ce voyant comme un seul bloc, si la lumière est masquée, l'enregistrement ne démarre pas. Sauf que voilà, il restait une faille toute bête. On lançait la vidéo, puis on collait un bout de scotch sur la LED en cours de route, et le tour était joué. C'est précisément ce trou que Meta vient de boucher, puisque couvrir le voyant pendant que ça filme coupe maintenant la caméra. Les lunettes, vendues autour de 329 euros en France, reçoivent la mise à jour de façon automatique et obligatoire.
Une course-poursuite qui n'en finit pas
Le plus vertigineux, c'est l'escalade. Au départ, une première sécurité empêchait l'enregistrement quand la LED était masquée dès le début. Certains sont allés plus loin en modifiant carrément le voyant, quitte à le percer à la main ou à payer un bricoleur pour le faire, parfois pour une cinquantaine d'euros d'après plusieurs sites. Meta a répliqué cet été avec une mise à jour qui désactive toute la caméra dès qu'une manipulation physique est détectée. Puis est venue l'astuce du scotch en cours de route, et donc ce nouveau correctif. En parallèle, l'entreprise dit retirer les annonces et les offres qui vantent ces bidouilles, bannir les comptes concernés et n'exclut pas d'aller au tribunal. Plusieurs services qui vendaient le contournement ont déjà mis la clé sous la porte, comme « Ghost Meta ».
Un voyant lumineux suffit-il vraiment ?
Reste la vraie question, celle que toute cette mécanique laisse de côté. Est-ce qu'une lumière grosse comme un grain de riz protège réellement qui que ce soit ? Les lunettes à caméra se banalisent à toute vitesse, au point que Meta vient de suspendre le lancement mondial de ses Ray-Ban Display face à la demande. Dans un café ou le métro, personne ne va scruter la monture d'un inconnu pour vérifier si un point blanc clignote. Les gens filmés ne donnent pas leur accord, ils ne remarquent simplement rien. Et le fait qu'un petit marché payant se soit monté juste pour éteindre ce voyant en dit long sur l'envie de filmer en douce. Meta empile les garde-fous parce qu'un scandale de ce genre plomberait les ventes, mais c'est aussi une société qui soigne son image et vient expliquer aux journalistes à quel point elle veille au grain.
On en dit quoi ?
Cette partie de cache-cache peut durer éternellement, et c'est un peu fou de voir Meta empiler les rustines logicielles sur un bout de plastique que des gens perçaient à la perceuse. Le souci de fond n'est pas la LED, il est qu'on se met des caméras allumées en permanence sur le nez en demandant à tout le monde de faire confiance à un voyant. Une protection vaut toujours mieux que rien, et Meta a raison de colmater. Mais tant que la seule barrière tiendra dans une lampe minuscule que le premier venu peut recouvrir, on restera très loin du compte. D'autant plus qu'on le voit déjà au quotidien, quand on porte ces lunettes, les gens autour de nous sont vraiment méfiants, et on les comprend. Et c'est vraiment dommage car c'est un produit incroyable !