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Zuckerberg voulait remplacer des milliers d'employés par l'IA, sauf que...

Par Vincent Lautier - Publié le

Mark Zuckerberg avait un grand rêve pour 2026, transformer Meta en une entreprise pilotée par l'intelligence artificielle, avec des agents logiciels prêts à faire le travail de milliers de salariés. Quelques mois plus tard, ce plan baptisé en interne « Project OT » s'est effondré, révèle une longue enquête de Reuters. La technologie n'a tout simplement pas tenu ses promesses.

Zuckerberg voulait remplacer des milliers d'employés par l'IA, sauf que...


Un plan né lors d'une retraite à Hawaï



Tout serait parti d'une réunion au sommet en janvier, sur le domaine hawaïen du patron de Meta. Là, Zuckerberg et son cercle rapproché imaginent « Project OT », pour Organization Transformation, une refonte censée faire du propriétaire de Facebook et Instagram une société « AI native ». L'idée est vertigineuse, confier une partie du travail à des employés virtuels supervisés par de petites équipes humaines dites « talent-dense », et à la clé, la suppression ou la réaffectation de milliers de postes. Le tout appuyé sur des dizaines de documents internes, d'enregistrements et sur plus de vingt témoignages recueillis par l'agence, ce qui donne à l'affaire un solide parfum de vécu plutôt que de simple rumeur.

Zuckerberg voulait remplacer des milliers d'employés par l'IA, sauf que...


Pourquoi la belle mécanique s'est grippée



Sauf que le rêve a rencontré le réel, et le réel a gagné. En quelques mois seulement, le projet s'est heurté à une résistance nette des employés, à des problèmes de sécurité, et surtout au constat le plus embarrassant qui soit, l'IA ne livrait pas les gains de productivité que les dirigeants attendaient. Autrement dit, la fameuse automatisation censée abattre le travail de milliers de personnes s'est révélée bien moins douée que prévu une fois confrontée aux tâches réelles de l'entreprise. Difficile de vendre au monde entier une IA qui va tout changer quand on n'arrive même pas à s'en servir chez soi.

Zuckerberg voulait remplacer des milliers d'employés par l'IA, sauf que...


Des licenciements quand même, mais pas ceux qu'on croit



Meta n'a pas pour autant renoncé à toucher à ses effectifs. La marque a confirmé la suppression d'environ 600 postes dans sa division IA, les fameux Superintelligence Labs qui regroupent tous ses efforts dans le domaine. Sauf que la logique n'a plus rien à voir avec le grand plan de départ, puisqu'il s'agit cette fois de dégonfler une organisation devenue obèse après trois années d'expansion menée trop vite, histoire de sortir des produits plus rapidement. On est loin de la boîte entièrement pilotée par des agents.

On en dit quoi ?



C'est étonnant de voir un des champions autoproclamé de l'IA se casser les dents en essayant de l'appliquer à sa propre maison. Ça remet un peu les pieds sur terre après des mois de grands discours patronaux sur le remplacement massif des humains par des machines. L'IA fait des choses impressionnantes, mais gérer une entreprise à la place des salariés, on en est visiblement encore très loin.