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Le Texas suspend tous les projets de data centers : trop c'est trop

Par Vincent Lautier - Publié le

Greg Abbott, gouverneur du Texas, a demandé au régulateur et au gestionnaire du réseau texan de passer au crible chaque projet de data center en attente de raccordement. Aucun n'avancera tant qu'il n'y sera pas passé, et ceux qui ne rentrent pas dans les clous se verront refuser la connexion.

Le Texas suspend tous les projets de data centers : trop c'est trop


474 gigawatts



La file des demandes de raccordement au réseau texan dépasse désormais 474 gigawatts, dont environ 90 % pour des data centers. C'est plus de cinq fois ce que le Texas a jamais appelé sur son réseau au plus fort d'un été, record de juillet dernier compris. Pour vous donner une petite idée, le parc électrique français installé au grand complet tourne, lui, autour de 160 gigawatts.

Le Texas suspend tous les projets de data centers : trop c'est trop


L'audit ne se limite pas à la question électrique



Abbott veut d'abord savoir qui paye. Les deux organismes doivent documenter les aides publiques touchées par chaque projet et vérifier dans quelle mesure les exploitants comptent produire leur propre courant plutôt que de tirer sur le réseau. L'eau fait partie du questionnaire, avec le type de refroidissement retenu et la provenance des volumes prévus. Le reste porte sur les nuisances locales et sur la propriété réelle des sociétés qui déposent les dossiers.

Greg Abbott
Greg Abbott


Le gestionnaire du réseau prévient que le chiffre est gonflé



Ces 474 gigawatts ne sortiront jamais de terre. Un même projet peut être déposé dans plusieurs files pour réserver sa place, et le gestionnaire texan a lui-même averti que ses prévisions de charge étaient probablement surévaluées. Il table quand même sur une pointe qui triplerait d'ici la fin de la décennie. Le Texas héberge déjà plus de cinq cents data centers et arrive deuxième derrière la Virginie.

On en dit quoi ?



Difficile de ne pas remarquer d'où vient le coup de frein. Le Texas a bâti sa réputation sur un réseau séparé du reste du pays, monté précisément pour échapper à la régulation fédérale, et voilà que son gouverneur suspend la file d'attente au nom de la fiabilité. Le geste reste mesuré, puisqu'il s'agit d'un audit et pas d'un moratoire, que rien n'interdit à la quasi-totalité des dossiers de repasser ensuite, et que l'État n'a aucune envie de faire fuir les milliards qui arrivent avec ces projets. Reste que la question posée est la bonne, et elle vaut aussi pour l'Irlande ou pour les data centers annoncés en France. Un opérateur qui construit sa propre production et qui paye son raccordement ne gêne personne. Les autres vivaient sur la promesse que le réseau suivrait, et il faudra désormais la prouver dossier par dossier avant d'obtenir la moindre prise.