Présentée le 25 mai, la Luce avait été accueillie par des moqueries et par une action Ferrari en repli de 6 %. Deux mois plus tard, les quelque 500 exemplaires prévus pour 2026 sont tous partis à 550 000 euros pièce, avant même la première livraison. Le carnet de commandes court désormais jusqu'à fin 2027.
Le dessin qui a fait tousser la Bourse
L'accueil a été rude. Une berline liftback de cinq mètres, cinq places, quatre portes dont deux papillon à l'arrière, pour une marque qui vend depuis toujours des coupés bas et bruyants : le contraste a fait grincer. L'action a perdu 6 % dans les jours qui ont suivi la présentation.
Le dessin vient de LoveFrom, le studio de Jony Ive et Marc Newson. Les deux anciens d'Apple ont travaillé l'extérieur comme l'intérieur avec les équipes de Maranello, et on retrouve leur goût pour les surfaces lisses et les volumes épurés, ce qui explique sans doute une partie des grincements chez les amateurs de la marque.
Quatre moteurs, cinq places, 550 000 euros
Techniquement, la Luce ne fait pas dans la demi-mesure. Quatre moteurs synchrones, un par roue, pour 1 035 chevaux répartis entre 282 à l'avant et 831 à l'arrière, un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes et plus de 310 km/h en pointe. Côté batterie, 122 kWh et 529 km annoncés en cycle WLTP. L'architecture 800 volts autorise 350 kW en charge rapide, et il en faut bien autant pour déplacer 2 260 kilos.
À 550 000 euros, soit dans les 640 000 dollars, le ticket d'entrée a suffisamment fait parler pour que Benedetto Vigna monte au créneau et le défende en public.
C'est la Chine qui a tout raflé
Ferrari avait prévu un peu moins de 500 exemplaires pour 2026. Tout est parti en moins de deux mois, alors que les livraisons ne commencent qu'au quatrième trimestre. Le lancement chinois du 27 juin a écoulé 88 voitures d'un coup, et c'est bien la Chine, devant les États-Unis, qui a fait le gros du travail.
La marque vise environ 2 500 Luce d'ici 2030, soit à peu près 600 par an, après avoir déjà revu ses ambitions électriques à la baisse l'an dernier.
On en dit quoi ?
Il y a quelque chose d'assez rigolo à voir une voiture moquée pendant deux mois se vendre intégralement avant sa première livraison. Reste que 500 exemplaires, c'est un volume de série limitée et pas un test de marché : la marque s'est donné toutes les chances en verrouillant la rareté. Le vrai examen viendra quand il faudra en écouler 600 par an jusqu'en 2030, face à des clients qui auront eu le temps de voir la voiture en vrai. Quant à Jony Ive, il vient de réussir exactement ce qu'il faisait chez Apple : faire hurler tout le monde, puis vendre.