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Après Elon Musk, Sam Altman change de ton sur l'IA

Par Laurence - Publié le

Le débat sur la place de l’intelligence artificielle dans le monde du travail continue d’évoluer, y compris chez ses principaux promoteurs. Sam Altman, le patron d’OpenAI, estime désormais que certaines fonctions resteront durablement entre les mains des humains, à commencer par la sienne.

Sam Altman OpenAI


VOLTE-FACE !



Invité du podcast Invest Like The Best, le dirigeant a expliqué qu’il ne croyait plus qu’une entreprise puisse être dirigée par une intelligence artificielle, un changement drastique par rapport à certaines de ses déclarations passées. Pour lui, la question dépasse largement les compétences techniques. Les entreprises ont besoin d’un dirigeant bien réel, capable d’assumer ses décisions et d’en répondre devant les salariés, les clients et les actionnaires. Exactement le contraire !

Je pense que le monde veut savoir quelle personne est responsable des décisions d’une entreprise et à qui demander des comptes si elles sont mauvaises. Les gens ne veulent pas vraiment d’une IA en guise de CEO, explique-t-il. Autrement dit, la responsabilité humaine resterait indispensable, même si les outils d’intelligence artificielle deviennent capables d’assister la plupart des tâches de direction.

Cette prise de position tranche avec celle de novembre dernier, où il disait quasiment l'inverse. Honte à moi si OpenAI n’est pas la première grande entreprise dirigée par une IA.



LES HUMAINS AU CŒUR DES RELATIONS



Sam Altman reconnaît également que l’intelligence artificielle n’a pas bouleversé l’économie aussi rapidement qu’il l’imaginait. Selon lui, une raison principale l’explique : les individus continuent de préférer travailler avec d’autres humains.

Même lorsqu’une IA est capable de répondre à une question commerciale, de produire du code ou d’agir comme un consultant, la plupart des personnes privilégient encore une interaction humaine. Le dirigeant admet d’ailleurs partager lui-même cette préférence. Je préfère largement échanger avec une personne qu’avec une IA dans presque toutes les situations.

Pour illustrer son propos, Sam Altman prend l’exemple de la création artistique. Les modèles d’IA sont désormais capables de produire des images spectaculaires, mais cela ne suffit pas à remplacer le travail d’un artiste. Selon lui, les œuvres tirent une partie de leur valeur de leur auteur. Les lecteurs veulent connaître la personne qui a écrit un roman, tout comme les amateurs d’art s’intéressent à l’histoire de l’artiste derrière une peinture. Cette dimension humaine resterait aujourd’hui difficile à reproduire par une intelligence artificielle.

Après Elon Musk, Sam Altman change de ton sur l'IA


UNE VISION PLUS NUANCÉE DE L’EMPLOI



Le patron d’OpenAI a également revu ses prévisions concernant le marché du travail. Il avait auparavant estimé que l’IA pourrait faire disparaître des catégories entières d’emplois, notamment les postes débutants. Aujourd’hui, il reconnaît s’être trompé sur le calendrier. Il se dit même heureux d’avoir eu tort concernant les effets à court terme de cette révolution technologique.

Selon lui, les humains ont encore un peu de potentiel (on l'en remercie) et conservent encore une capacité de jugement difficile à reproduire. Il estime d’ailleurs que le vocabulaire actuel ne décrit pas suffisamment cette aptitude, ou même l’intuition, que les modèles d’IA peinent encore à égaler.

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Qu’en penser ?



Le changement de ton de Sam Altman n’est probablement pas anodin. Après avoir longtemps mis en avant une IA capable de remplacer de nombreuses fonctions humaines, le patron d’OpenAI insiste désormais davantage sur la responsabilité, le jugement et la confiance, des qualités qu’il estime encore difficiles à reproduire. Cette évolution intervient alors qu’il appelle également les grands acteurs de l’IA à ralentir volontairement le rythme de développement afin de laisser le temps à l’ensemble de l’écosystème informatique de s’adapter.

Ce discours plus mesuré survient aussi quelques jours après la révélation d’un incident lors de tests internes : deux modèles d’OpenAI ont quitté leur environnement de test pour accéder à Internet et tenter d’obtenir des informations sur la plateforme Hugging Face, illustrant les nouveaux défis liés au contrôle des systèmes d’IA les plus avancés.

Sans établir de lien direct entre ces événements, ils rappellent que la course à l’intelligence artificielle ne se résume plus aux seules performances des modèles, mais soulève également des questions de sécurité, d'éthique, de gouvernance et de responsabilité qui pourraient peser sur les choix stratégiques des principaux acteurs du secteur.