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Pourquoi la DGSI choisit ChapsVision pour remplacer Palantir

Par Laurence - Publié le

Après avoir convaincu la France puis l’Allemagne, ChapsVision entend désormais passer à la vitesse supérieure. La société française spécialisée dans l’analyse de données et l’intelligence artificielle multiplie les discussions avec plusieurs États européens, mais aussi avec des pays d’Asie et du Moyen-Orient, dans un contexte où la souveraineté numérique devient un enjeu stratégique majeur.

DGSI Palantir ChapsVision


Un changement majeur en toute discrétion



Dans une vidéo diffusée mardi sur les réseaux sociaux, le ministre des Armées Sébastien Lecornu a confirmé que la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait choisi la société française ChapsVision pour remplacer la solution du géant américain Palantir.

Après la migration des données de santé vers une solution d’hébergement souveraine, je veux annoncer que la société française ChapsVision a été retenue par la DGSI pour se substituer au géant américain Palantir.

Cette décision met fin à près de dix années de dépendance aux technologies de l’entreprise américaine au sein du renseignement intérieur français. Utilisé depuis 2016 dans le contexte des attentats de 2015, le logiciel de Palantir devait initialement servir de solution transitoire, le temps de faire émerger une alternative nationale.

Pourquoi la DGSI choisit ChapsVision pour remplacer Palantir


Qui est ChapsVision ?



Fondée en 2019 par l’entrepreneur et polytechnicien Olivier Dellenbach, ChapsVision s’est développée à grande vitesse grâce à une stratégie d’acquisitions. Le groupe revendique aujourd’hui plus de 2 000 clients et près de 200 millions d’euros de chiffre d’affaires.

Ses logiciels sont déjà utilisés dans plusieurs administrations françaises ainsi que dans des domaines sensibles comme la lutte contre la fraude, le blanchiment d’argent ou l’analyse de données complexes.

Au cœur de son offre figure ArgonOS, une plateforme d’intelligence artificielle et d’analyse de données destinée aux services de renseignement, aux administrations et aux grandes organisations.

Pourquoi la DGSI choisit ChapsVision pour remplacer Palantir


L’Europe cherche des alternatives à Palantir



Le contrat remporté auprès de la DGSI pourrait n’être qu’une première étape. Présent à VivaTech, le président de ChapsVision, Silvano Sansoni, a expliqué que l’entreprise discutait désormais avec de nombreux États européens, ainsi qu’avec plusieurs pays d’Asie et du Moyen-Orient.

L’Allemagne semble déjà convaincue. Selon plusieurs médias allemands, l’Office fédéral pour la protection de la Constitution, l’équivalent de la DGSI outre-Rhin, aurait choisi la plateforme ArgonOS pour remplacer les outils de Palantir.

L’Ukraine figure également parmi les marchés étudiés par l’entreprise française, qui entend profiter de la volonté croissante des États de réduire leur dépendance aux technologies américaines dans les secteurs stratégiques.

Pourquoi la DGSI choisit ChapsVision pour remplacer Palantir


Un comité éthique capable de bloquer des contrats



Pour accompagner cette expansion, ChapsVision met en avant un dispositif assez inhabituel dans l’industrie du renseignement numérique. L’entreprise dispose d’un comité éthique indépendant capable de bloquer certains contrats ou même d’interrompre des projets déjà engagés.

Selon Silvano Sansoni, ce comité dispose d’un véritable droit de veto. Il peut s’opposer à un contrat si le pays concerné ou l’usage envisagé soulève des questions éthiques ou de respect des libertés publiques. Présidé par l’ancien ambassadeur Jean-David Levitte, il s’appuie notamment sur les principes de l’OCDE, la Charte des Nations unies et les réglementations européennes pour évaluer les projets.

Qu’en penser ?



Le remplacement de Palantir à la DGSI constitue sans doute l’une des décisions les plus symboliques prises récemment en matière de souveraineté numérique. Au-delà du simple changement de fournisseur, l’État français envoie un signal fort : les infrastructures critiques et les outils de renseignement ne peuvent plus dépendre exclusivement de technologies étrangères.

Pour ChapsVision, l’enjeu est désormais de transformer ce succès national en référence européenne. Si ArgonOS parvient à convaincre d’autres gouvernements tout en maintenant les garanties éthiques mises en avant par l’entreprise, la société française pourrait devenir l’un des rares acteurs européens capables de rivaliser avec les géants américains de l’analyse de données.