GM a activé la recharge bidirectionnelle sur plus de 250 000 voitures électriques déjà en circulation aux États-Unis. Une simple mise à jour logicielle, avec aucun passage par le garage, et ces véhicules peuvent désormais renvoyer de l'électricité vers le réseau, par exemple quand la demande grimpe. Avec, à la clé, quelques dollars pour leurs propriétaires.
Une mise à jour toute simple
GM a profité d'un événement organisé à San Francisco pour officialiser la nouvelle : plus de 250 000 véhicules Chevrolet, GMC et Cadillac embarquaient déjà le matériel nécessaire à la charge bidirectionnelle, il ne manquait que le logiciel. C'est réglé. Douze modèles du catalogue sont concernés, et la fonction deviendra standard sur les futures électriques du groupe. Sterling Anderson, le directeur produit de GM, veut transformer chaque voiture vendue en ressource énergétique distribuée. Mises bout à bout, ces 250 000 batteries pourraient alimenter environ 120 000 foyers américains pendant une semaine.
Comment ça marche ?
Vous rechargez quand l'électricité est bon marché, la nuit en général, puis vous revendez une partie du courant stocké pendant les pics de demande, quand les fournisseurs paient cher. GM prend une commission au passage. Le constructeur discute pour l'instant avec une dizaine de compagnies d'électricité, et les premiers déploiements sont attendus au Texas et en Californie. PG&E vise 52 000 véhicules GM connectés au réseau de Californie du Nord d'ici 2030, pendant que DTE Energy mène un test au Michigan avec une trentaine d'employés. Sauf que voilà : les États-Unis comptent près de 3 000 compagnies d'électricité, chacune avec ses propres règles.
Et en France ?
La technologie existe déjà chez nous, et depuis un moment même. Renault propose avec Mobilize Power une offre V2G grand public autour de la Renault 5 E-Tech et de sa borne bidirectionnelle, facturée environ 1 400 euros, avec jusqu'à 600 euros d'économies par an (selon la marque). La Nissan Leaf et la Hyundai Ioniq 5 savent d'ailleurs le faire elles aussi. La différence avec GM, c'est l'échelle : activer d'un coup un quart de million de véhicules déjà vendus, personne ne l'avait fait jusqu'à présent.
On en dit quoi ?
Sur le papier, tout le monde y gagne : le réseau souffle pendant les pics, le propriétaire récupère quelques sous. Maintenant, il y a quelques contraintes. L'équipement domestique de GM Energy coûte autour de 20 000 dollars, hors installation, amorti en cinq ans environ selon le constructeur, et seuls quelques milliers de clients l'utilisent aujourd'hui. Il y a aussi la question de l'usure : une batterie NMC encaisse environ 2 000 cycles, et la multiplication des décharges pour le réseau finira par se voir. Sur la garantie dans ce cas précis, GM n'a pas encore répondu clairement. C'est pourtant la première chose qu'on regarderait avant de signer.