La course à la voiture autonome continue de s'accélérer. Uber vient de dévoiler un nouveau véhicule spécialement conçu pour collecter des données destinées à entraîner les systèmes de conduite autonome de ses partenaires comme Waymo, WeRide ou encore Avride.
À première vue, il ne s'agit pourtant que d'une Hyundai Ioniq 5. Mais sous cette apparence relativement banale se cache une véritable centrale de captation de données qui pourrait jouer un rôle clé dans le développement des futurs robotaxis.
Une Hyundai Ioniq 5 transformée en laboratoire roulant
Le prototype présenté par Uber repose sur un modèle bien connu : la Hyundai Ioniq 5 électrique. La différence se situe au niveau de son équipement. Le véhicule embarque pas moins de 14 caméras, huit capteurs LiDAR à semi-conducteurs et neuf radars répartis sur le toit et les flancs du véhicule.
L'ensemble des informations est ensuite traité par la plateforme Nvidia Dual Drive Thor, l'un des systèmes informatiques les plus avancés actuellement utilisés dans l'industrie de la conduite autonome. Pour réaliser ces transformations, Uber travaille avec Roush Performance, spécialiste américain de l'ingénierie automobile.
500 véhicules prévus dès cette année
En effet, Uber prévoit de déployer 500 de ces véhicules dans le monde avant la fin de l'année. Une cinquantaine devraient déjà être en circulation d'ici l'été. Selon l'entreprise, cette flotte sera capable de collecter près de deux millions de kilomètres de données haute fidélité chaque mois. L'objectif n'est pas de transporter des passagers de manière autonome mais de constituer une gigantesque base de données destinée à améliorer les algorithmes de conduite des partenaires d'Uber.
Cette annonce marque également une étape symbolique pour le groupe. En 2020, Uber avait vendu sa division dédiée aux véhicules autonomes à Aurora après plusieurs années d'investissements coûteux et de difficultés techniques.
Depuis, l'entreprise a changé d'approche. Plutôt que de développer sa propre technologie de conduite autonome, elle préfère désormais devenir une plateforme capable d'accueillir les solutions de nombreux partenaires spécialisés. Le nouveau programme AV Labs, lancé plus tôt cette année, s'inscrit précisément dans cette stratégie.
Construire la plus grande base de données de conduite autonome
Uber ne cherche pas simplement à accumuler des images et des relevés de capteurs. L'entreprise explique vouloir constituer l'une des bases de données géographiques les plus diversifiées au monde pour l'entraînement des systèmes autonomes. Les informations collectées permettront de reconstituer une vision synchronisée à 360 degrés de l'environnement de conduite, particulièrement précieuse pour entraîner les modèles d'intelligence artificielle.
Uber dispose déjà d'une longueur d'avance. Depuis plusieurs années, la société collecte des données à partir de milliers de véhicules équipés de caméras exploités par ses partenaires de flotte dans plusieurs dizaines de villes. Des centaines de berlines Lucid Air utilisées aux États-Unis et en Europe ont également contribué à enrichir cette base de données.
Cette initiative s'inscrit dans une ambition beaucoup plus vaste. En février dernier, Uber a créé une nouvelle division baptisée Uber Autonomous Solutions. Son rôle consiste à gérer les opérations quotidiennes liées aux robotaxis, aux camions autonomes ou encore aux robots de livraison. L'entreprise espère ainsi devenir l'intermédiaire incontournable entre les fournisseurs de technologies autonomes et les utilisateurs finaux.
Qu'en penser ?
Uber semble avoir tiré les leçons de son premier échec dans la conduite autonome. Plutôt que de tenter de concurrencer directement Waymo, Tesla ou les grands acteurs de l'IA, la société mise désormais sur son principal atout : son immense réseau mondial et sa capacité à collecter des données à grande échelle.
Dans un secteur où la qualité des données vaut parfois autant que les algorithmes eux-mêmes, cette stratégie pourrait s'avérer particulièrement payante. Reste à savoir si Uber parviendra à devenir le partenaire incontournable des futurs robotaxis ou si les géants de l'autonomie préféreront conserver le contrôle complet de leur écosystème.