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Elon Musk traite le procureur de Paris de "marionnette", Darmanin s'agace

Par Vincent Lautier - Publié le

Gérald Darmanin, ministre de la Justice, a réagi aux attaques d'Elon Musk contre le procureur de Paris. Le patron de X avait qualifié le magistrat de marionnette d'une ONG de gauche sur son propre réseau social, après avoir refusé de se présenter à sa convocation lundi dernier. Le ministre défend l'indépendance de la justice française.

Elon Musk traite le procureur de Paris de "marionnette", Darmanin s'agace


L'attaque de Musk contre le procureur de Paris



Après son absence à l'audition libre du 20 avril à Paris, Elon Musk a sorti l'artillerie habituelle : une attaque personnelle sur X. Le milliardaire a qualifié Laure Beccuau, procureur de Paris, de marionnette d'une ONG de gauche. Ce n'est en fait pas la première fois qu'il s'en prend nommément aux acteurs de la justice française. En mars dernier, il avait déjà traité les juges français de retardés mentaux sur sa plateforme, en français dans le texte. Pavel Durov, le patron de Telegram, avait quant à lui soutenu Musk en attaquant plus largement la justice française et le pouvoir politique français.

Elon Musk traite le procureur de Paris de "marionnette", Darmanin s'agace


La réponse de Darmanin



Face à ces attaques répétées, Gérald Darmanin est sorti du silence. Sur son compte X, le ministre de la Justice a écrit : La justice de notre pays est indépendante et fonctionne avec une totale impartialité. Il est inacceptable de s'en prendre personnellement à ses représentants. Tout mon soutien au procureur de Paris. Un message court, direct, sans détour. Darmanin a choisi d'utiliser la même plateforme que Musk pour répondre, ce qui donne une dimension assez particulière à cet échange : un ministre français qui défend ses magistrats sur un réseau social détenu par la personne qu'ils enquêtent.

Elon Musk traite le procureur de Paris de "marionnette", Darmanin s'agace


L'enquête française sur X continue



Pendant ce temps, l'enquête suit son cours. Elle a été ouverte en janvier 2025, elle porte sur plusieurs faits : manipulation algorithmique avec ingérence dans le débat public français, cmise en danger des mineurs, deepfakes et négationnisme généré par Grok, l'IA de X. Le parquet de Paris a pris acte de l'absence de Musk, sans que cela ne bloque les investigations. Le département de la Justice américain a quant à lui refusé d'aider la France, en qualifiant la procédure de politiquement motivée.

On en dit quoi ?



La sortie de Darmanin était en fait nécéssaire. Quand le patron d'un réseau social qui fait l'objet d'une enquête judiciaire traite publiquement le procureur en charge du dossier de "marionnette", l'État français ne pouvait pas laisser passer. Défendre l'indépendance de la magistrature est un basique, surtout quand l'attaque vient d'une personnalité internationale qui se croit au-dessus des règles du pays où elle est visée.

Bon après, Darmanin qui s'appuie sur X pour défendre la justice française, c'est quand même rigolo. Le ministre offre du coup de la visibilité à la plateforme qu'il veut voir encadrer. Et puis il y a le décalage croissant entre l'approche française (pays qui réglemente sa tech) et l'approche américaine (pays qui couvre ses géants du numérique). Le refus du DOJ de coopérer n'est pas anodin non plus. La justice française peut continuer tant qu'elle veut, sans coopération US, elle n'ira pas chercher Musk en Californie. La question, c'est ce qui se passe le jour où Musk remettra un pied à Paris pour un salon ou une conférence. Et là, ça pourrait devenir très intéressant.