Le département de la Défense américain a finalement bien inscrit Alibaba, BYD et Baidu sur sa liste officielle des entreprises soupçonnées d'avoir des liens avec l'armée chinoise. Le document a été publié dans le Federal Register puis retiré quelques minutes plus tard, sans la moindre explication. Le tout à deux mois d'un sommet prévu entre Donald Trump et Xi Jinping.
Une publication éclair, puis plus rien
Le Pentagone a mis en ligne vendredi matin la version actualisée de sa liste dite « 1260H », qui recense les entreprises chinoises ayant des liens présumés avec l'Armée populaire de libération. Alibaba, le géant du e-commerce et du cloud, BYD, premier constructeur mondial de voitures électriques, et Baidu, le moteur de recherche, y sont tous les trois. Mais quelques minutes après la publication du PDF, le document a été retiré sur demande du Pentagone. Aucune raison donnée. Un responsable du département a juste indiqué que la nouvelle liste serait republiée dans les jours qui viennent.
D'autres entreprises dans le lot
Le Pentagone a aussi ajouté WuXi AppTec, un groupe de biotechnologie, RoboSense, qui fait de la robotique dopée à l'IA, BOE Technology, fabricant d'écrans pour ordinateurs et smartphones, et TP-Link, bien connu pour ses routeurs. Le cas WuXi AppTec est un peu à part : en vertu du Biosecure Act voté en décembre, le gouvernement fédéral ne peut plus travailler avec les entreprises biotech figurant sur cette liste. Un délai de cinq ans est quand même prévu pour solder les contrats en cours. Côté retraits, deux fabricants de puces mémoire, CXMT et YMTC, ont été retirés de la liste, ce qui a d'ailleurs surpris pas mal d'observateurs.
Alibaba, BYD et Baidu contestent
Sans surprise, les trois géants chinois ont rejeté en bloc leur inclusion à cette liste. Alibaba a déclaré qu'il n'existait aucune base pour justifier cette decision et a annoncé des recours juridiques. Baidu a qualifié les accusations de totalement infondées. BYD a répondu la même chose, en précisant n'avoir jamais participé à une quelconque stratégie de fusion militaro-civile. Tout ça arrive à deux mois d'un sommet Trump-Xi prévu en avril à Pékin, et les analystes y voient une volonté de compartimenter, et de calmer le jeu sur le commerce tout en maintenant la pression côté sécurité nationale.
On en dit quoi ?
C'est en fait assez difficile à suivre. Le Pentagone publie une liste, la retire dans la foulée sans rien dire, puis promet de la republier la semaine suivante. Côté conséquences directes, il n'y en a pas pour la plupart des entreprises visées qui ne sont pas vraiment présentes sur le marché US, mais le signal envoyé est clair : Washington resserre l'étau autour des géants tech chinois, même quand les relations commerciales se détendent. Pour BYD, qui pousse très fort en Europe et qui pourrait avoir la volonté de débarquer aux US, ça peut être un problème à long terme.