Malgré les inquiétudes autour d’une explosion de l’IA, Microsoft a publié des résultats financiers robustes pour son deuxième trimestre fiscal. La firme dépasse une nouvelle fois les attentes de Wall Street, confirmant que la dynamique de l’IA reste bien réelle, même si certains indicateurs commencent à montrer des signes de ralentissement.
Des revenus supérieurs aux attentes
Microsoft a dévoilé un chiffre d’affaires trimestriel de 81,27 milliards de dollars, au-dessus des 80,32 milliards anticipés par les analystes. Le bénéfice par action atteint 4,14 dollars, là encore supérieur aux prévisions fixées à 3,92 dollars. La croissance annuelle ressort à 12,3 %, un niveau légèrement supérieur à celui observé sur la même période l’an dernier.
Nous ne sommes qu’aux premières étapes de la diffusion de l’IA, et Microsoft a déjà bâti une activité IA plus importante que certaines de nos franchises historiques, précisait Satya Nadella, la semaine dernière à Davos. Selon lui, Microsoft continue d’étendre la frontière technologique sur l’ensemble de sa pile IA afin de créer de nouvelles sources de valeur.
Azure ralentit légèrement, le marché réagit
Malgré ces résultats positifs, le marché a réagi négativement. Le titre Microsoft a reculé de 4 % en après-Bourse, pénalisé par un léger ralentissement de la croissance de son activité cloud. Les revenus d’Azure progressent de 39 % sur un an, contre 40 % au trimestre précédent.
Et ce petit point fait toute la différence... Car un tassement —même modeste— est scruté de près par les investisseurs, alors que le cloud et l’IA concentrent l’essentiel des investissements du groupe. Lors du trimestre précédent, Microsoft expliquait pourtant que les commandes Azure dépassaient largement les capacités disponibles, soulignant une demande toujours très forte.
Des investissements monstrueux...
Microsoft figure parmi les principaux bénéficiaires de l’explosion de l’IA générative. Avec Alphabet, Amazon et Meta, le groupe fait partie des quatre plus gros investisseurs mondiaux dans les infrastructures IA. Ensemble, ces entreprises devraient consacrer 505 milliards de dollars à l’IA en 2026, contre environ 366 milliards en 2025. Amy Hood, directrice financière de Microsoft, a souligné que le Microsoft Cloud avait franchi la barre des 50 milliards de dollars de revenus trimestriels, porté par une forte demande sur l’ensemble du portefeuille.
Mais cette course à l’investissement nourrit aussi les doutes. Depuis son pic à 4 000 milliards de dollars de capitalisation boursière, atteint il y a six mois, l’action Microsoft a reculé d’environ 11 %. Les investisseurs s’inquiètent du décalage entre les sommes engagées et les retours financiers à court terme. Pourtant, Redmond continue d’aligner les performances : le groupe a dépassé les attentes de Wall Street à chaque trimestre depuis deux ans.
Qu'en penser ?
Si Microsoft affiche une santé de fer, la suite de l'exercice 2026 s'annonce plus disputée sur le terrain des assistants IA professionnels. Microsoft 365 Copilot, pionnier du secteur, doit désormais composer avec une concurrence qui gagne en maturité, à l’image de Claude Cowork d’Anthropic. Cet outil de bureau, spécifiquement orienté vers la productivité et la précision rédactionnelle, séduit de plus en plus d'entreprises cherchant des alternatives aux solutions "tout-en-un" de Redmond.